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Conseils d’experts pour séminaires et événements inspirés… en Suisse !

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3 févr. 2019 234 vues

Thomas Wiesel, humoriste suisse : « Je me demande parfois pourquoi les entreprises m’emploient… »

Thomas Wiesel est un snipper. Cinglant, mais qui vise souvent juste. Qu’il soit sur scène, dans les médias ou dans les conventions d’entreprises, l’humoriste suisse ose tout.

D’après vous, existe-t-il des particularités territoriales dans l’humour ? L’humour suisse est-il différent de l’humour français par exemple ?

Non, je ne pense pas. Depuis Internet, les frontières de l’humour sont tombées. Les francophones peuvent potentiellement tous rire des mêmes blagues. Enfin, les différences se font davantage au niveau personnel et culturel que géographique. En Suisse, nous ne sommes que deux millions de francophones. Nous adorons parler de nous et rire à nos dépends, mais notre petite communauté a besoin d’élargir son champ de vision et est très friande de ce qui se passe en France. Bon, je ne suis pas sûr que les 66 millions de Français s’intéresse à la Suisse romande… Ils ont assez à faire avec leur propre actualité…
 

Vous êtes connu en France…

Absolument pas. Ma notoriété y est très faible…
 

Vous êtes modeste. Vous avez participé à des émissions de télévision et de radio où vous avez décoché quelques flèches qui ont fait parler de vous…

Peut-être, mais je ne suis pas connu pour autant. D’abord, pour être connu en France, il faudrait que j’en ai envie et que je déménage à Paris. Or je n’aime pas Paris, je ne m’y sens pas à l’aise. Donc, à partir de là, je ne mérite pas d’avoir du succès en France ! J’habite en Suisse, à Lausanne, et ça me convient beaucoup mieux ! Je suis beaucoup plus sensible à l’espace et au rythme de Lausanne. C’est chez moi, j’y ai grandi, j’y ai mes repères, ma famille et mes amis. Tout cela a plus de valeur que le succès en France ! Disons-le, il y a aussi moins de concurrence dans l’humour en Suisse Romande qu’en France. Et je n’ai absolument pas envie de me battre pour être connu, je ne suis pas un guerrier…

Vous intervenez dans beaucoup d’événements corporate… Comment travaillez-vous ?

Effectivement, j’aime bien cet exercice. On le fait plus souvent en Suisse. D’abord, le petit bassin de population francophone ne nous permet pas de jouer nos spectacles trois cents fois… Donc ce type d’intervention est un moyen de gagner notre vie. J’essaie de m’adapter le plus possible à la demande et aux circonstances. En fonction du cahier des charges, soit je personnalise à 100% et j’écris tout, soit je recontextualise des textes que j’ai déjà écrits. J’aime beaucoup la technique du « roast », pratiqué par des standupers américains et qui consiste à brocarder des personnalités publiques.

Parfois vous n’y allez pas de main morte, comme lors du gala du FC Sion ou mieux, lors de cette prestation pour la banque UBS…

C’est l’éternelle histoire du fou du roi ! Ils essaient de se donner une image d’autodérision en engageant quelqu’un qui ose dire les choses tout haut. En externalisant la critique, ils pensent rire d’eux-mêmes. À la réflexion, je n’en suis pas si sûr, car ceux qui m’engagent ne sont pas forcément ceux qui sont dans la salle. Mais j’imagine qu’ils y trouvent leur compte… Parfois, je me demande quand même pourquoi ces entreprises m’emploient… Dépenser beaucoup d’argent pour se faire brocarder de la sorte… Un jour, les demandes vont être de plus en plus rares…
 

Quels sont vos prochains rendez-vous ?

J’interviens prochainement dans une conférence sur la transformation numérique et pour un club de hockey local. Je vais aussi intervenir chez un éditeur de logiciels. Ils m’ont fait visiter leur entreprise récemment. Ils avaient l’air passionné, j’en suis ravi pour eux. Mais moi, je suis totalement hermétique à leur métier, à ce qu’ils me racontaient. J’en avais même rien à f… Je crois que je vais me moquer d’eux sur ce point…

Que diriez-vous de la Suisse aux Français ?

Je les encouragerai à venir nous rencontrer pour mieux nous connaître. Car ils ne retiennent souvent de nous que les clichés. Mais dès qu’ils viennent, ils sont toujours surpris en bien et découvrent qu’il n’y a pas que les montagnes et le chocolat…

Crédit photo: ©Laurent-BleuzeRTS


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