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Conseils d’experts pour séminaires et événements inspirés… en Suisse !

Conseils d’experts pour séminaires et événements inspirés… en Suisse !

12 mars 2019 273 vues
Marina Rollman, humoriste franco-suisse : « Pour un créatif, être contraint est un excellent exercice »

Marina Rollman, humoriste franco-suisse : « Pour un créatif, être contraint est un excellent exercice »

Elle se dit « plutôt inconnue » et partage sa « drôle d’humeur » sur les ondes de France Inter. L’hyperactive Marina Rollman, qui tourne avec son « Spectacle drôle » a beaucoup de talent. Qu’elle exerce avec subtilité dans les événements.

Pensez-vous qu’il existe un humour différent, selon qu’on soit dans telle ou telle partie du monde ?

Absolument pas ! Avec mon compatriote Thomas Wiesel, le Français Yacine Belhousse et d’autres, nous faisons partie de la même école et sommes tous tenants de la même théorie : le rire est universel ! Évidemment, en fonction de l’endroit où on se trouve, il y a des types d’humour qui fonctionnent davantage que d’autres et des formats auxquels les publics sont plus sensibles. Les Anglais, par exemple, seront plus fans de l’ironie, de l’humour pince-sans-rire que les Italiens. Ils plébiscitent aussi volontiers le stand-up. Chez les Français, la tradition se tourne davantage vers les sketchs à personnage… Mais, à partir de là, tout est faisable.

 

Et les humoristes suisses, dans ce contexte ?

En Suisse Romande, nous avons peut-être un truc qui nous démarque des autres : nous sommes polyglottes, nous nous ouvrons plus facilement sur le monde, et donc à des univers différents. Nous avons par exemple eu très vite accès à l’humour anglophone, au stand-up, à une forme très écrite de l’humour. Quand on s’intéresse à l’humour français, on y découvre une forme de bagout qui vient des classes populaires, qu’on retrouve d’ailleurs en partie dans le rap. Chez nous, en Suisse, le rire est un sport plus bourgeois… Il y a de tout en fait… Mais toutes ces différences ont tendance à s’aplanir. Tous les humours sont accessibles à tout le monde et tout le monde peut rire de tout. Si j’arrive à faire rire en Inde sur mon grand-père, c’est formidable ! On peut, j’en suis convaincue, raconter des histoires très spécifiques qui touchent à l’universel.

 

Quel est alors le secret d’une histoire qui fait rire ?

Pas sûr qu’il y ait une recette définitive, sinon nous serions tous humoristes ! Ceci-dit, il ne faut pas tomber dans le cliché formel… On doit se défaire fondamentalement des poncifs ou des formules toutes faites du type : « Vous savez bien que… ». Nous devons donc être extrêmement sincères. Je me souviens d’humoristes garçons hétéros qui évoquaient, dans leur show, un ami homosexuel, alors qu’à l’évidence, quand on les écoutait bien, on s’apercevait facilement qu’il n’avait jamais connu ce type de relation… Il n’y a rien de pire que de s’inventer des clichés… Faisons-nous confiance, allons dans le spécifique, dans la singularité, mais toujours avec sincérité.

 

Comme Thomas Wiesel, vous intervenez parfois dans des événements… On vous a vu par exemple clôturer le Forum des 100 du journal Le Temps ou le TEDxParis

Oui, j’aime bien l’écriture sur mesure. Ces interventions me permettent de tester des trucs nouveaux. Intellectuellement, c’est un pari toujours intéressant, car on n’évolue jamais dans notre zone de confort. Pour un créatif, être contraint est un excellent exercice. Parfois on se demande quand même pourquoi on est là… Mais notre objectif reste de faire rigoler le monde, pas de le transformer…

 

Si vous deviez faire la promotion de Suisse, que mettriez-vous en avant ?

D’abord Genève. J’adore Genève. C’est, je crois, la ville d’Europe où le nombre de restaurants par habitant est le plus élevé. Elle a tous les avantages de la grande ville dans un espace où tout est accessible. J’aime l’idée qu’en fin d’après-midi par exemple, je peux décider d’aller faire un petit plongeon dans le lac et de pouvoir m’y rendre en un rien de temps… Son cadre est vraiment idyllique. Mais j’aime aussi le Tessin, cette riviera italienne à l’architecture un peu désuète. J’aime les Grisons et ses petits chalets colorés… J’aime Lucerne, cette Suisse dans la Suisse… J’aime l’hôtellerie traditionnelle qui n’a pas encore été transformée par le tourisme de masse et dont l’accueil est peut-être un peu vieillot, mais tellement sympa. J’aime le réseau ferroviaire très old school et ses trains qui ont maintenu un vrai wagon restaurant et qui permettent de voyager d’un paysage à l’autre, le nez collé à la fenêtre… La Suisse est un petit pays, constitué de plein d’écosystèmes très différents les uns des autres et tellement formidables…


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