Frédéric Mouton, Recall Agency : « En Suisse, on sait que le curseur est placé assez haut »
Pouvez-vous présenter Recall Agency et les relations que vous entretenez avec Locala ?
Recall Agency existe depuis plus de vingt ans. L’agence accompagne des marques et des entreprises sur des événements RP, des voyages, des lancements de produits, mais aussi des formats plus corporate. Le séminaire organisé pour Locala s’inscrit dans cette deuxième catégorie. Nous accompagnons cette entreprise depuis 2019. Elle a fortement grandi et a ouvert des bureaux, notamment en Europe, aux États-Unis et en Asie, et nous continuons à l’accompagner sur son séminaire annuel.
Pourquoi avoir choisi Les Diablerets pour ce séminaire ?
Nous avions deux lignes directrices dans le choix de la destination. D’abord, un thème autour des Jeux d’hiver, qui orientait naturellement vers une destination de montagne. Ensuite, la volonté de maximiser les déplacements en train et de limiter les vols. Les participants venaient de Milan, Londres, Bruxelles, Paris ou Marseille. Nous avions déjà organisé un séminaire dans les Alpes françaises. L’idée était donc de proposer autre chose, de sortir un peu des sentiers battus. Les Diablerets permettaient de montrer une facette de la Suisse moins attendue, moins associée aux stations très connues ou très sélectives.
Cette destination s’est-elle imposée rapidement ?
Elle a été recommandée très tôt dans la réflexion et c’était notre choix numéro un. Comme toujours, nous avons présenté plusieurs options au client, afin de nourrir la comparaison. Pendant quelques semaines, nous avons regardé d’autres pistes, dans des styles différents.
Mais nous sommes finalement revenus à la première recommandation. C’est souvent bon signe. Quand une destination reste cohérente avec le brief, avec la logistique, avec le thème et avec l’expérience que l’on veut créer, elle finit par s’imposer naturellement.
Comment avez-vous construit le programme sur place ?
Le format était court : deux nuits, donc un peu moins de trois jours selon les arrivées et les départs. Il fallait optimiser le temps. Nous avons concentré la partie travail sur une matinée, au Glacier Hotel, où le groupe était hébergé. Le temps fort a été la montée à Glacier 3000, avec une soirée au coucher du soleil et un dîner sur place. C’était presque incontournable. Nous avons aussi organisé des Olympiades en bas des pistes, en lien avec le thème des Jeux d’hiver. L’objectif était de proposer une activité accessible à tous les profils.
Glacier 3000, Vue sur le restaurant Botta au coucher du soleil ©Glacier 3000
Qu’est-ce qui a le plus marqué les participants ?
L’équilibre entre le travail, la découverte et l’expérience collective. Sur un format court, il faut aller à l’essentiel. Les participants doivent sentir qu’ils ne sont pas seulement venus changer de décor, mais vivre quelque chose ensemble. La montagne apporte une intensité particulière. Le cadre est fort, sans qu’il soit nécessaire de surcharger le programme. Aux Diablerets, nous avons pu créer un moment à la fois simple, spectaculaire et fédérateur. Pour un séminaire d’une centaine de personnes, c’est précisément ce que l’on recherche.

Quel regard portez-vous sur l’offre suisse ?
La Suisse est une valeur sûre. Quand on pense à l’hospitalité suisse, au professionnalisme, à la qualité du service, on part avec un niveau de garantie assez élevé. Cela va parfois avec un certain niveau de prix, mais cela apporte aussi une vraie sécurité d’organisation. Ce qui est rassurant, c’est que chacun tient son rôle. En tant qu’agence, nous accompagnons, nous guidons, nous conseillons. Nous attendons la même qualité de relation avec les partenaires. Quand, dès le repérage, le sentiment est positif, cela sécurise beaucoup la suite.
L’accessibilité en train devient-elle un critère important ?
Oui, même si nous ne sommes pas encore totalement entrés dans cette logique. Il y a aujourd’hui une vraie curiosité. Certaines entreprises avancent plus vite que d’autres, selon leurs politiques internes, leur maturité RSE ou leur rapport aux déplacements. Mais on sent que les questions climatiques, l’accessibilité ferroviaire et même l’évolution du prix des billets d’avion vont peser davantage dans les choix. La Suisse dispose d’un vrai atout sur ce point, notamment pour des groupes venant de plusieurs grandes villes européennes.
Comment, d’après vous, évoluent les attentes des clients ?
Depuis dix ans, l’approche a beaucoup changé. Le côté festif reste présent, bien sûr. On n’organise pas un séminaire pour que les gens ne s’amusent pas. Mais l’événement est moins centré sur l’open bar, la soirée qui déborde ou l’alcool comme principal moteur de convivialité. Les clients recherchent des expériences plus riches, plus équilibrées. Sans basculer dans le tout wellness, il y a un entre-deux intéressant : des moments qui créent de la cohésion, du plaisir, du souvenir, mais aussi davantage de sens.

Les sujets de responsabilité sont-ils désormais plus faciles à intégrer ?
Oui, clairement. Les clients sont beaucoup plus sensibles à ces sujets. Nous n’avons plus vraiment à les convaincre. La dimension solidaire, par exemple, nous parle beaucoup chez Recall Agency : travailler avec des associations, donner du temps, créer une contribution locale, soutenir une cause... Sur l’environnement, cela passe aussi par des gestes concrets : éviter le gâchis, mieux ajuster les quantités, réfléchir au devenir de la nourriture, du mobilier ou de la décoration éphémère. Dans notre métier, beaucoup de choses sont temporaires. L’enjeu est de prévoir, dès le départ, ce qui pourra être réutilisé, donné ou redistribué.
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