Jean-Pierre Pigeon (2M2C) : « Avec cinq entrées, on peut désormais créer un cocon pour chaque client. »
Que représente le 2M2C pour Montreux et sa région ?
Le 2M2C est un lieu mythique à Montreux depuis son ouverture en 1973. Il porte une histoire très forte, parce que de grands artistes y sont passés et que le bâtiment est intimement lié à l’identité culturelle de la ville. N’oublions pas par ailleurs qu’il génère des retombées économiques importantes pour tout l’écosystème local. Notre logique, c’est d’ailleurs de travailler avec les acteurs du territoire, pour que la valeur créée bénéficie au maximum à la collectivité.
Pourquoi fallait-il engager ces travaux ?
Au départ, le déclencheur est très clair : il y avait une nécessité d’une mise aux normes de sécurité. Mais il y avait aussi un enjeu plus global. Le bâtiment avait évolué par strates successives, avec des temporalités de construction différentes. À force, l’ensemble avait perdu en cohérence, aussi bien du point de vue des normes que de l’accessibilité et de la lisibilité par les usagers.
Qu’est-ce qui change le plus dans le bâtiment ?
Le 2M2C dispose aujourd’hui de cinq entrées. C’est un atout considérable, parce que cela permet de mieux gérer les flux, d’éviter certains croisements de publics et, surtout, d’offrir à chaque organisateur un véritable cocon. C’est assez rare dans un centre de congrès. L’autre grand changement, c’est l’ouverture du bâtiment vers l’extérieur. L’enveloppe a été largement retravaillée avec davantage de surfaces vitrées. Le lieu est désormais beaucoup plus connecté au lac, aux montagnes et à la lumière. Une très grande majorité des espaces bénéficie désormais d’une vue extérieure, ce qui transforme profondément l’expérience.

Les espaces ont-ils été repensés dans leur usage ?
Oui, même si les grandes capacités du lieu ont été préservées. La connectivité a été repensée, tout comme la signalétique, pour rendre le bâtiment plus simple à lire et à pratiquer. Des escaliers ont aussi été créés ou repositionnés, notamment pour améliorer l’évacuation et fluidifier les circulations. Il y a également une logique de polyvalence renforcée. Certains accès permettent désormais d’utiliser plusieurs espaces simultanément, avec des événements différents, sans que les usages ne se gênent. C’est une manière d’optimiser le potentiel du lieu sans en dénaturer l’esprit.
Qu’est-ce que les organisateurs vont y gagner ?
Ils vont d’abord gagner un bâtiment harmonisé, plus lisible, plus confortable et plus souple. Les choix esthétiques ont été pensés dans ce sens : l’intérieur est volontairement plus neutre, pour laisser aux organisateurs la possibilité d’y projeter leur propre univers, leur branding, leurs couleurs. Mais cette neutralité n’efface pas l’âme du lieu, au contraire. Le 2M2C ne se résume pas à une infrastructure technique : il y a une vibration, une mémoire, quelque chose de vivant entre ses murs. Et cela compte aussi dans l’expérience des événements.
Comment va se dérouler la réouverture ?
La remise en exploitation va se faire progressivement. Le Montreux Jazz Festival qui débute le 3 juillet, constituera le premier grand test. Ensuite, la montée en puissance va se poursuivre avec un calendrier déjà bien rempli. L’important, c’est que les acteurs historiques reviennent, que les visites du lieu puissent enfin se faire dans de bonnes conditions et que la commercialisation entre désormais dans une phase beaucoup plus sereine.
Voyez-vous évoluer les attentes des organisateurs ?
Très clairement. Les questions liées à la responsabilité et à la durabilité sont plus présentes. C’est pour cela que nous avons profité des travaux pour avancer sur les certifications, avec une logique à trois niveaux : régional avec le label Vaud Ambassadeur, national avec le programme Swisstainable, niveau 3, et international avec l’ISO 20121. L’idée est de parler à chaque typologie de client avec les bons repères. Le 2M2C a aussi renforcé ses engagements : remplacement de l’éclairage par des solutions LED, raccordement au réseau de chauffage à distance alimenté par des pompes à chaleur, installation de plus de 1000 panneaux photovoltaïques, amélioration de l’efficacité énergétique... Un élément structurant reste également le système de refroidissement par l’eau du lac Léman, en place depuis 1993. On voit aussi monter les interrogations autour de l’IA. Comme tout le monde, nous regardons comment ces outils peuvent nous aider à gagner du temps sur des tâches à faible valeur ajoutée, pour en consacrer davantage à la relation client. Enfin, le contexte géopolitique et économique pousse tout le secteur à rester agile. Mais l’événementiel est, par nature, un métier de l’adaptation.
Au-delà du bâtiment, qu’est-ce qui fait la singularité de Montreux ?
Avec 27.000 habitants, Montreux est une ville à taille humaine, mais avec des compétences, des infrastructures et un niveau de service dignes de grandes métropoles. Ici, beaucoup de choses se font à pied. Les hôtels sont à proximité du centre de congrès et les échanges informels peuvent se prolonger très naturellement après les sessions. C’est un avantage considérable pour la vie d’un événement. À cela s’ajoute l’identité musicale de la ville, renforcée par son intégration au réseau des villes créatives de l’Unesco. Cet ADN donne une profondeur particulière à l’expérience de destination.

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